Mc Cormick & Chapman (1996) : processus d’adaptation en expatriation

J’imagine que vous connaissez déjà cette courbe. Ceux pour qui ce n’est pas le cas, ne vous en faites pas, vous l’auriez vue un jour ou l’autre. Cette représentation qui est fondée sur la courbe du deuil représente les étapes par lesquelles passent les adultes lors d’une expatriation. Les adultes. Mais qu’en est-il des enfants? et de leurs émotions ?

(Vous pouvez trouver une explication très détaillée sur le site expatsparents.fr , par exemple.)

Courbe adaptée de Mc Cormick et Chapman (1996) tirée du site expatsparents.fr

Une fois que vous avez ces grandes étapes en tête, vous réalisez que celles par lesquelles passent les enfants sont assez proches, mais pas identiques. Mais surtout, la grande différence : la cinétique est bien différente!

Si tout se passe bien, votre enfant est en phase de maturité bien avant que vous n’ayez vous même fini la phase d’adaptation. Et oui, ils sont comme ça! Et ils pourront d’ailleurs être une aide précieuse dans votre propre adaptation…

Le process d’adaptation à l’expatriation pour les enfants

Pour ce qui concerne explicitement les enfants, j’ai essayé de conceptualiser à partir des expériences vécues et observées, les étapes auxquelles ils sont confrontées. En outre, le schéma ci-dessous explicite les émotions que les enfants peuvent ressentir à chaque étape:

Les phases de l’expatriation les émotions associées pour les enfants (A. Portier-Maynard)

Quand cela se passe mal

Tous les enfants passent peu ou prou par ces différentes étapes, certaines passent plus vite, d’autres plus lentement. Parfois, certains peuvent avoir des difficultés à passer à l’étape d’après, alors :

  • soit ils arriveront à l’exprimer et une fois le blocage passé, ils passeront à l’étape suivante;
  • ils n’auront pas conscience du problème ou il ne voudront pas en parler. Il est alors recommandé de faire appel à une aide extérieure (psy, pédiatre, médecines douces,… à chacun ses outils!).

Bien sûr, le passage de chaque étape à une autre suppose que les parents eux-même suivent leur propre courbe sans heurt. Si les parents ne se sentent pas bien, n’arrivent pas à s’adapter, les enfants le sentiront et pourront développer un sentiment de rejet pour leur pays d’expatriation. La réciproque est vrai: si les enfants ne trouvent pas leurs marques , pour différentes raisons liées ou non à l’expatriation, alors les parents ne sentiront pas bien dans leur expatriation.

Il existe parfois des familles où un enfant (dans une fratrie, les comportements peuvent être évidement complètement différents!) refuse -inconsciemment- de faire le deuil de sa vie d’avant et continue à regretter ses copains, son école, etc. Les conséquences peuvent être lourdes pour les parents qui n’ont pas nécessairement de soutien familial ou amical proche sur qui se reposer : ils s’inquiètent, ils n’ont pas la tête à leur nouveau poste, à rencontrer de nouveaux amis,…ils passent donc eux-même à côté de leur expatriation. Pour une expatriation réussie, et que la situation ne devienne pas une source d’angoisse pour tout le monde, il est nécessaire que chacun trouve sa place dans le pays d’accueil.

Comment aider votre enfant ?

Alors, comment anticiper, comment favoriser le déroulement en douceur des différentes phases jusqu’à la routinisation? Le dialogue. Parler, expliquer, montrer des exemples, rassurer… les livres de la collection globe-trotteurs, même pas peur! sont là pour cela : aider à parler des choses et des personnes qui sont chères, mais sans oublier de se projeter, de s’approprier son nouvel environnement.